La décision en situation

La décision en situation (Salas, Rosen, & DiazGranados, 2009) est une approche de la décision stratégique où l’intuition constitue le mécanisme central de tout processus de prise de décision complexe.

Beaucoup de méthodes décisionnelles monopolisent l’énergie sur le « choix entre options » au détriment de l’attention portée à la situation. Or, la prise de décision est autant tributaire des croyances, émotions et schémas mentaux du décideur, que l’élaboration du « pour » et du « contre » de différentes options possibles.

L’intuition entrepreneuriale est une caractéristique forte de l’esprit d’entreprenariat. Elle est une sorte d’attention passionnée orientée sur les risques mais aussi sur les opportunités.

La décision en situation modélise la décision stratégique à partir du comportement du décideur en situation réelle, et considère que ses ressentis intuitifs sont particulièrement influents pour la prise de décision (Lebraty, 2007).

Instinctivement, le décideur compare la situation avec ce qu’il y déjà vécu auparavant. Tout va dépendre, au moment de la décision, de sa compréhension propre de la situation et de ses expériences déjà vécues.

L’intuition entre en jeu dans la compréhension de la situation; premièrement, pour reconnaitre des « modèles génériques » de situation, et, deuxièmement, dans les « modes d’action » appropriés à ces modèles (voir illustration ci-après). Ce croisement entre la perception de la situation (modèles) et une expérience passée (mode d’action passée) est quasi-instantané. Le décideur sait « instinctivement » ce qu’il doit faire. C’est ce qui est appelé l’intime conviction.

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L’influence de l’intuition sur la prise de décision s’exerce par l’intermédiaire des aspects suivants (Lebraty, 2007) :

  • Les modèles mentaux (ou schémas mentaux) de la situation : ce sont des représentations simplifiées de la situation, construites par l’individu.
  • L’expérience : c’est-à-dire le nombre de situations que l’individu a eu à gérer, et la manière dont il a internalisé les séquences « situation-actions-effets ».
  • Les émotions : en situation d’enjeux ou de risques élevés, les émotions vont exercer une influence sur les capacités du décideur à reconnaitre la situation et à simuler un mode d’action.
  • Les croyances : qui contribuent à exercer une influence sur les modes d’action envisagés.

La pratique du discernement est un potentiel d’amélioration de la prise de décision en situation. L’étude systématique de toutes les options est trop couteuse, voire impossible, dans des situations complexes. Malgré cela, au moins une alternative devrait toujours être étudiée face à un choix unique qui parait au premier abord satisfaisant. Affronter les paradoxes et les dilemmes favorise le travail sur soi nécessaire pour mettre à l’épreuve nos représentations, nos émotions et nos modes d’action.

PROCESSUS DE RECONNAISSANCE DES MODÈLES MENTAUX LORS DE DÉCISIONS STRATÉGIQUES
d’après (Lebraty, 2007)